Ingénieux, incongru, drôle parfois : le détournement fait sourire. C’est un trait d’esprit qui prend forme. Bien qu’on l’imagine plutôt en deux dimensions, sous la forme d’une parodie ou d’une caricature, le détournement ne se pratique pas que sur papier ou sur un écran.

Prendre un objet et le réinventer, voir plus loin que sa fonction première et lui trouver une nouvelle utilité c’est un exercice à la fois amusant et plein d’enjeux, parfait pour les designers en herbe ou expérimentés.

Mêler l’utile à l’amusant : des créations qui font sourire

Le détournement, c’est une forme d’humour.  C’est comme une bonne contrepèterie, il faut trois personnes pour qu’il soit réussi : son auteur, quelqu’un qui l’apprécie, et quelqu’un qui ne le comprend pas, voire qui s’en offusque. Et comme une contrepèterie, le détournement ne brille que s’il est fait dans le cadre d’une création sérieuse.

Les designers du Studio 5.5 ont maîtrisé cela, et leurs produits détournés ne sont pas moins fonctionnels qu’ils sont amusants.

Réinventer la fonction : d’obsolète à innovant

On parle de l’aspect comique du détournement, mais ça ne se limite pas à ça. En design, il y a toujours de nombreuses contraintes à respecter – l’engagement environnemental en est souvent une. Aussi il est courant de voir un design créatif réutilisant des meubles ou outils obsolètes. C’est une manière de recycler un objet sans le démanteler, et, en décoration intérieure par exemple, un moyen de donner un thème et du cachet à un espace.

Quoique complexe, le détournement mêle littéralement l’utile à l’agréable, tant pour celui qui l’exerce, que pour le public qui le regarde. Il ne demande pas de compétences particulières, juste un esprit enclin à la plaisanterie et l’envie de créer quelque chose, et se retrouve aussi bien chez un particulier que dans de grandes entreprises ou sur les territoires publics. Il est un peu la touche légère mais bienvenue de malice qui manque à bien des espaces.

Adrien Ercksen, DSN#02